Le métier de diététicien est réglementé par la Loi 2007-127 du 30 janvier 2007 art. 14 I Journal Officiel du 1er février 2007 qui a modifié les articles L4371-1 à L4371-6 et L4372-1 à L4372-2 du Code de la Santé Publique (titre VII du livre III, quatrième partie).
Le titre était protégé par la loi n° 86-76 du 17 janvier 1986, articles L. 510-8-1 à L. 510-8-3.
Aujourd’hui en France, un article de loi (L437-1) donne la définition de la profession de diététicien : « Est considérée comme exerçant la profession de diététicien toute personne qui, habituellement, dispense des conseils nutritionnels et, sur prescription médicale, participe à l'éducation et à la rééducation nutritionnelle des patients atteints de troubles du métabolisme ou de l'alimentation, par l'établissement d'un bilan diététique personnalisé et une éducation diététique adaptée. Les diététiciens contribuent à la définition, à l'évaluation et au contrôle de la qualité de l'alimentation servie en collectivité, ainsi qu'aux activités de prévention en santé publique relevant du champ de la nutrition. » Loi n° 2007-127 du 30 janvier 2007 ratifiant l'ordonnance n° 2005-1040 du 26 août 2005 relative à l'organisation de certaines professions de santé et à la répression de l'usurpation de titres et de l'exercice illégal de ces professions et modifiant le code de la santé publique (1) (Titre résultant de la décision du Conseil constitutionnel n° 2007-546 DC du 25 janvier 2007)
La première définition officielle avait été donnée par le bureau international du travail en 1967. Puis pendant longtemps, c’est celle de la Fédération Européenne des Associations des Diététiciens (EFAD) qui fut utilisée : « Un diététicien est une personne ayant une qualification en nutrition et diététique, légalement reconnu pour appliquer la science de la nutrition à l’alimentation et à assurer l’éducation des groupes et des individus en bonne santé et des malades ».
Rôle et activité du diététicien et de la diététicienne
Le diététicien est un professionnel de la santé expert en nutrition et alimentation.
Il collabore avec les autres professionnels de santé (médecins, infirmiers, rééducateurs et médicotechniques), les gestionnaires et les chercheurs. Il apporte des compétences scientifiques et techniques pour délivrer des conseils nutritionnels et, sur prescription médicale, dispenser des soins diététiques individualisés avec une éducation nutritionnelle optimale. Il participe également au contrôle qualité des aliments et des préparations culinaires dont il assure l’équilibre nutritionnel tout en respectant les règles d’hygiène.
Recensement des besoins nutritionnels des patients
Établissement d’un diagnostic diététique, définition d’objectifs nutritionnels et mise en place d’une stratégie de soins diététiques avec le patient (plan d’action et contrat)
Établissement des plans alimentaires en vue de la réalisation du cahier des charges de la restauration, en conformité avec les recommandations en vigueur pour les collectivités (recommandations du GEMRCN)
Mise en oeuvre, suivi et contrôle des orientations nutritionnelles définies par le Comité de Liaison Alimentation Nutrition (CLAN).
Information, formation et éducation à l’alimentation, la nutrition et à la diététique du patient et de sa famille, des professionnels de santé, de restauration, des étudiants et du grand public
Coordination des actions et de l’information nutrition entre les services cliniques, les patients et l’équipe de restauration
Gestion des produits diététiques (commandes, stocks), recensement des besoins pour la commande de repas
Vérification et contrôle des produits, matériels et dispositifs médicaux
Transmission d’informations écrites et orales pour assurer la traçabilité et le suivi de la démarche diététique
Enregistrement des données liées à l’activité
Réalisation d’études et de travaux de recherche dans le domaine de la nutrition et veille professionnelle
Consultations diététiques
Consultations diététiques (« La consultation diététique réalisée par un diététicien », Recommandations de Pratique Clinique conçue par l’ADLF en partenariat avec la HAS)
Le diététicien a un rôle important dans le domaine de la nutrition aussi bien dans le champ thérapeutique qu’en santé publique. Il intervient en établissements de santé, dans les collectivités, le secteur libéral, l’industrie agroalimentaire ou pharmaco diététique, l’enseignement, dans le domaine du sport, ….
Hôpital
Le diététicien intervient dans la prise en charge globale du patient :
Démarche de soin diététique adaptée à l’état de santé, aux soins ou aux interventions chirurgicales et intégrée au projet de soin global
Mise en place de programmes d’éducation nutritionnelle, en collaboration avec les partenaires des services cliniques, du CLAN, du service de restauration
Planning alimentaire décliné en menus sans sel, normal, hyperprotidique, hypoglucidique, enrichi en calcium, enrichi en fer, etc.…
Etablissement des quantités d’aliments pour couvrir les besoins nutritionnels et modes de cuisson appropriés.
Respect des règles d’hygiène et dans le stockage et la conservation des denrées (HACCP).
Collectivité
Il veille à la qualité nutritionnelle et sanitaire des repas au sein des cantines, restaurants d’entreprises, foyers ou résidences pour personnes âgées.
Industrie agroalimentaire ou pharmaceutique
Dans ce secteur, il participe à des travaux de recherche et de développement pour la conception de nouveaux produits ainsi qu’à des études sur la diététique ou des régimes spécifiques.
Libéral
En libéral, il intervient sur prescription médicale pour toute prise en charge thérapeutique : surpoids, diabète, etc.… et dispense des conseils dans le cadre de l’équilibre alimentaire ou de la prévention et de l’éducation nutritionnelle.
Historique du métier
La profession a célébré ses 50 ans en 2004.
En France
« La Cadenelle », première école de diététique a ouvert ses portes à Marseille en 1949,
L’officialisation de la profession s’est faite par la création du Brevet de Technicien en diététique en 1951 qui est devenu par la suite le Brevet de Technicien Supérieur (BTS).
En 1951 la première école publique voit le jour au sein d’un lycée technique à Paris sous l’impulsion du Professeur Jean Trémolières et de Madame Lucie Randoin.
En 1953-1954.Le professeur Jean Trémolières publie le « Manuel élémentaire de l’alimentation »
Un deuxième diplôme pour l’exercice de la profession de diététicien a vu le jour en 1966 : Diplôme Universitaire de Technologie (DUT) génie biologique option diététique
L’Association des Diététiciens de la Langue Française (ADLF) a été fondée en 1954 par Madame Jacqueline Farquet.
Le 30 janvier 2007 est une étape importante dans la reconnaissance du métier de diététicien. reconnu comme profession de santé et règlementé par la loi 2007-127
A l’étranger
Le métier de diététicien a vu le jour :
Au Canada vers 1902 – 1907,
Dans les années 20, aux Etats-Unis et au Japon
Dans les années 30, en Grande-Bretagne et en Allemagne,
En 1935, aux Pays-Bas.
Mis à part au Japon, le diététicien était à l’origine un thérapeute avec une population exclusivement féminine. Par la suite, le diététicien s’est orienté vers l’alimentation des biens portants et la gestion alimentaire. L’éducation en santé publique ou en thérapeutique et la prévention sont aujourd’hui les axes prioritaires de cette profession.
Les études de diététique
La formation du diététicien peut se faire après un baccalauréat scientifique (sciences et technologie de laboratoire (STL) option biochimie – génie biologique) ou après un baccalauréat sciences médico-sociales (SMS) après sélection sur dossier et entretien. La demande est importante par rapport à l’offre d’emploi.
Les étudiants doivent avoir une bonne maîtrise des matières scientifiques avec un esprit logique, une curiosité intellectuelle et une réflexion capable de dépasser l’enseignement scolaire.
2 types de formation existent en France :
BTS (Brevet de technicien Supérieur) : pour le BTS diététique, une remise à niveau est nécessaire si l’étudiant n’est pas issu d’une filière scientifique. La formation se déroule sur 2 années comportant 20 semaines de stages : en restauration collective en 1ère année puis en établissements de santé en 2ème année.
En France, une vingtaine d’établissements dont 7 publics préparent à ce diplôme.
DUT (Diplôme Universitaire de Technologie génie biologique option diététique) : en 2 ans également, la première année étant un tronc commun avec d'autres spécialités.
La formation à l'étranger se déroule en 3 ou 4 ans, une réforme des études de diététicien en France est en discussion...
Conditions d’exercice en France
Pour exercer en France, il existe deux conditions:
Premier cas
Etre titulaire d’un diplôme français.
Deuxième cas
Dans le cas d’un diplôme étranger, pour exercer en France, il convient de faire une demande d’autorisation à la commission professionnelle compétente du Conseil supérieur des professions paramédicale sous réserve d’ :
Avoir la nationalité d’un de 25 états de l’Union Européenne ou de la confédération Suisse,
Avoir un diplôme acquis ou reconnu dans l’un des états de l’Union Européenne et y permettant l’exercice de la profession.
Si le diplôme n’est pas celui de l’Union Européenne, il est possible d’obtenir le diplôme en France avec une dispense de scolarité.
Pour bénéficier de l’autorisation, le demandeur doit :
Avoir un diplôme sanctionné par une formation réglementant la profession,
Avoir un diplôme sanctionné par une formation ne réglementant pas la profession mais en ayant deux années d’exercices dans ce pays au cours des derniers 10 ans.
Avoir un diplôme sanctionné par une formation, délivré par un pays tiers, mais reconnu dans un pays européen, réglementant la profession avec justification de deux ans d’expérience professionnelle dans l’Etat membre.
Après examen du dossier, la commission professionnelle compétente du Conseil supérieur des professions paramédicale se prononce soit pour :
Le refus de reconnaissance du diplôme,
La reconnaissance de l’équivalence avec délivrance de l’autorisation d’exercer,
L’obligation de se soumettre à des mesures de compensation dans le cas où il existe des différences entre la formation suivie et la formation française.
Rémunérations
Publics
En classe normale, le salaire brut varie en début de carrière de 1 400 € à 2 100 € en fin de carrière. Certains grades sont accessibles au bénéfice de l’ancienneté ou sur concours qui permettent l’accès à de nouvelles fonctions.
En étant diététicien, il est possible de passer le :
Concours de professorat d’Economie Social et Familial (ESF),
Diplôme Universitaire (DU) ingénierie de la santé en Institut Universitaire Professionnalisé (IUP),
Master de la gestion et du développement social ou le management de la santé.
Institut de Formation des Cadres de Santé
Concours de Directeur de Soins
Privés
Les salaires dans le secteur privé sont régis par des Conventions Collectives.
Libéral
La rémunération en libéral n’est pas règlementée et les honoraires sont libres en fonction de sa clientèle. De part le manque d'emplois trop de diététiciens s'installent sans réelle étude de marché. Peu de diététiciens arrivent à vivre du libéral.
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En industrie
Dans l’industrie agro-alimentaire et pharmaceutique, les revenus dépendent de la fonction exercée.
Nombre de diététiciens
Dans le monde, il existe 100 000 diététiciens sans compter la Chine, l’Amérique du sud et l’Afrique dont 25 000 en Europe et plus de 5 000 en France. En France de nombreux postes restent encore à créer dans le secteur hospitalier et en santé publique.
Refléxion
Le métier de diététicien est en pleine évolution pour :
Gagner en autonomie et développer son rôle spécifique, de profession de santé
Etre reconnu en « expert de la diététique appliquée »,
Participer à l’évaluation du statut nutritionnel du patient,
Avoir un rôle incontournable dans les équipes de support nutritionnel,
Privilégier l’appréciation de la « qualité alimentaire » en l’humanisant.